Le netlinking n’est pas mort. Il ne l’a jamais été. Et à en croire les 377 professionnels interrogés par Abondance en juin 2025, il n’a même jamais été aussi paradoxal.
Alors que Google continue de marteler son discours anti-manipulation, la majorité des SEO confessent sans surprise que les liens restent le carburant du classement.
Mais les pratiques, elles, ont évolué. Subtilité, sélection, storytelling… Voici ce que révèle l’étude, et ce que cela implique pour nos stratégies à venir.
Netlinking : pilier indétrônable… mais moins naïf
52 % des répondants considèrent le netlinking comme indispensable à la visibilité sur Google, et seuls 3 % le jugent obsolète. Pourtant, 40 % reconnaissent que son impact décroît. Ce n’est pas une contradiction, c’est un signe de maturité : le lien brut ne suffit plus. C’est sa cohérence contextuelle et sa capacité à renforcer une entité ou un contenu déjà optimisé qui font la différence.
Qualité vs volume : l’arbitrage ne fait plus débat
Le match est terminé : à budget égal, 86 % des SEO privilégient la qualité à la quantité. Exit les blasts de 100 domaines douteux. Ce que recherchent les pros aujourd’hui, ce sont des liens qui apportent :
- Un signal sémantique fort (via la thématique du site ou de la page)
- Une autorité transférable (média référent, domaine trusté)
- Et surtout, un risque maîtrisé
Ce qui change fondamentalement, c’est que le netlinking n’est plus vu comme une simple mécanique d’acquisition de PageRank, mais comme une tactique de branding algorithmique. On cherche des liens qui font « bien » dans le profil, pas juste du volume. Une vision plus “Entity-Driven” du netlinking se dessine.
Achat de liens : hypocrisie ou pragmatisme ?
Le grand écart continue : seulement 6 % pensent que l’achat de lien est la méthode « la plus efficace et la plus sûre », mais… près de 50 % y ont recours en priorité. Do as I do, not as I say.
L’explication ? L’efficacité reste là, malgré tout. Et surtout, les risques perçus sont faibles : 69 % estiment que les pénalités Google sont rares, voire inexistantes. D’ailleurs, ceux qui privilégient les volumes sont quasi exclusivement dans le camp des acheteurs de liens (18 %, contre seulement 5 % pour ceux favorisant le netlinking organique).
Le message est clair : le lien acheté n’est plus banni, il est rationalisé. Intégré dans une stratégie plus globale, traité avec finesse (ancre neutre, lien contextuel, contenus « éditorialisés »), il devient un levier assumé pour générer de l’autorité sans tout miser sur la chance d’un lien naturel.
Critères 2025 : thématique + autorité = cocktail gagnant
Les pros ne s’y trompent pas : un lien qui fonctionne, c’est d’abord un lien cohérent sémantiquement (64 %) et issu d’un domaine référent (61 %). Exit les sites zombies ou génériques, place aux liens impossibles à acheter… ou presque.
Top 7 des critères jugés essentiels :
- Thématique du site (64 %)
- Autorité du domaine (61 %)
- Trust Flow (31 %)
- Trafic estimé du site (30 %)
- Nombre de domaines référents (23 %)
- Clics générés (engagement réel) (21 %)
- Trafic estimé de la page cible (19 %)
Ce qui compte, ce n’est plus seulement le « lien », c’est la trace qu’il laisse dans la cartographie algorithmique de Google.
RP digitales : levier sous-exploité mais prometteur
Si 92 % des agences/freelances et 93 % des annonceurs valident l’impact SEO des relations presse digitales, seuls 45 % déclarent connaître une agence spécialisée en France. Autrement dit, on est face à une opportunité de marché sous-développée, alors même que les backlinks médias sont plébiscités (84 % les considèrent utiles pour le SEO et la notoriété).
Levier à surveiller donc, à condition de sortir du modèle « lien dans un publi-reportage » et d’investir des logiques de co-création, exclusivité ou citation spontanée.
Vers un netlinking plus stratégique que jamais
Le netlinking n’est ni mort, ni dangereux, ni secondaire. Mais il devient plus sélectif, plus contextuel, plus stratégique. L’époque du « lien pour lien » est révolue. En 2025, on pense profil de lien, empreinte sémantique, cohérence éditoriale, et récupération intelligente par les IA.
Le SEO qui gagne aujourd’hui, ce n’est pas celui qui achète le plus de backlinks, mais celui qui orchestre ses signaux. Et ça commence par savoir pourquoi on veut ce lien, comment il sera perçu par les algos, et où il s’insère dans le graphe sémantique de l’écosystème cible.









