Un couple britannique remporte un procès de 2,4 milliards d’euros contre Google pour manipulation de recherche qui a détruit leur startup de comparaison de prix.
Résumé
- Une petite start-up a prouvé que Google avait manipulé les résultats de recherche, ce qui lui a valu une amende record de 2,4 milliards d’euros.
- La bataille juridique a duré 15 ans, montrant à quel point il est difficile de lutter contre les grandes entreprises technologiques.
- Cette décision établit de nouveaux précédents juridiques pour obliger les plateformes de recherche à rendre des comptes.
La bataille juridique d’un couple britannique contre les pratiques de recherche de Google est terminée.
La plus haute juridiction européenne a confirmé une amende de 2,4 milliards d’euros contre Google, marquant une victoire pour les petites entreprises sur le marché numérique.
Retour en arrière
Shivaun et Adam Raff ont lancé Foundem, un site Web de comparaison de prix, en juin 2006.
Le jour du lancement, les filtres anti-spam automatisés de Google ont frappé le site, le propulsant au plus profond des résultats de recherche et coupant sa principale source de trafic.
« Google nous a pratiquement fait disparaître d’Internet », explique Shivaun Raff.
Les pénalités de recherche sont restées en vigueur même si Foundem a été ultérieurement reconnu par The Gadget Show de Channel 5 comme le meilleur site de comparaison de prix du Royaume-Uni.
De la plainte à l’enquête majeure
Après deux ans d’appels sans réponse auprès de Google, les Raff ont porté leur cas devant les régulateurs.
Leur plainte a donné lieu à une enquête de la Commission européenne en 2010, qui a révélé des problèmes similaires affectant environ 20 autres services de comparaison de prix, dont Kelkoo, Trivago et Yelp.
L’enquête s’est conclue en 2017 par un jugement de la Commission selon lequel Google avait illégalement promu son service de comparaison de prix tout en rétrogradant ses concurrents, ce qui lui a valu une amende de 2,4 milliards d’euros.
Voici un résumé de ce qui s’est passé ensuite.
Chronologie : de l’amende initiale à la décision finale (2017-2024)
2017
- La Commission européenne inflige une amende de 2,4 milliards d’euros à Google
- Google apporte des modifications à ses résultats de recherche d’achats
- Google fait appel de la décision
2021
- Le Tribunal de l’Union européenne confirme l’amende
- Google lance un deuxième recours devant la Cour de justice européenne
Mars 2024
- La Commission européenne lance une nouvelle enquête en vertu de la loi sur les marchés numériques
- Une enquête examine si Google continue de favoriser ses services dans les résultats de recherche
Septembre
- La Cour de justice européenne rejette le dernier recours de Google Une amende de 2,4 milliards d’euros est définitivement maintenue
- Cela marque la fin d’une bataille juridique majeure après 15 ans
Le processus juridique qui dure depuis sept ans met en évidence les défis auxquels sont confrontées les petites entreprises lorsqu’elles cherchent à obtenir réparation pour des pratiques anticoncurrentielles, malgré des preuves évidentes.
Réponse de Google
Google maintient que ses modifications de conformité de 2017 ont résolu les problèmes.
Un porte-parole de l’entreprise a déclaré :
« Les changements que nous avons apportés fonctionnent avec succès depuis plus de sept ans, générant des milliards de clics pour plus de 800 services de comparaison de prix. »
Quelle est la prochaine étape ?
Si la décision de septembre 2024 valide les revendications des Raff, elle arrive trop tard pour Foundem, qui a fermé en 2016.
En mars 2024, la Commission européenne a lancé une nouvelle enquête sur les pratiques actuelles de Google dans le cadre du Digital Markets Act.
Les Raff poursuivent désormais une action en dommages et intérêts au civil contre Google, prévue pour 2026.
Pourquoi c’est important
Cette décision confirme que les classements de recherche de Google peuvent être soumis à une surveillance réglementaire et à des contestations judiciaires.
L’affaire a déjà eu une influence sur les nouvelles réglementations du marché numérique, notamment la loi sur les marchés numériques de l’UE.
Bien que l’histoire de Foundem se soit terminée par la fermeture de l’entreprise en 2016, le précédent juridique qu’elle a créé perdurera.









