La fin d’année s’annonce particulièrement difficile pour Google. Le gouvernement américain réclame le démantèlement de l’immense activité publicitaire du géant technologique, ainsi que la cession de Google Chrome.
Le deuxième procès majeur auquel Google fait face en moins d’un an touche à sa conclusion. Cette fois-ci, l’entreprise est accusée par le département de la Justice d’abus de position dominante dans le domaine de la publicité en ligne, ce qui pourrait avoir de lourdes conséquences.
Une vente forcée supplémentaire
« Google est un monopole à maintes reprises », a affirmé le procureur du DoJ, Aaron Teitelbaum, devant la juge Leonie Brinkema lors des plaidoiries finales des deux parties. Selon lui, Google, qui occupe une position centrale dans toute la chaîne d’approvisionnement de la publicité numérique, aurait « manipulé » l’ensemble du secteur pendant plus de dix ans, en favorisant ses propres produits au détriment de la concurrence.
En conséquence, Teitelbaum exige la cession forcée d’Ad Manager, la plateforme de Google destinée aux éditeurs pour la diffusion d’annonces. Les autorités estiment que cet outil, jugé opaque, permet à l’entreprise d’imposer des prix anticoncurrentiels.
De son côté, Google défend sa position en affirmant que sa technologie publicitaire est tout simplement supérieure à celle de ses concurrents, justifiant ainsi sa position dominante sur le marché. « Le comportement de Google illustre une histoire d’innovation face à la concurrence », a rétorqué Karen Dunn, son avocate principale.
Les autorités américaines souhaitent également que Google se sépare de son navigateur Chrome.
Verdict dans quelques semaines
La juge Leonie Brinkema doit rendre son verdict début 2025. Pour l’instant, il est difficile de prédire si elle donnera raison au département de la Justice. Plusieurs observateurs ont noté une faiblesse dans l’argumentation du gouvernement : l’absence de témoignages directs d’annonceurs concernés par le monopole de Google.
Cependant, le fait que l’entreprise ait déjà été reconnue coupable d’abus de position dominante dans le secteur de la recherche en ligne, ainsi que la possibilité qu’elle soit contrainte de vendre son navigateur Chrome, pourraient influencer sa décision.
En outre, Google fait face à une plainte concernant son activité publicitaire au sein de l’Union européenne, où un démantèlement est également envisagé. L’unité de technologie publicitaire de l’entreprise a généré 31 milliards de dollars l’année dernière, représentant 10 % de son chiffre d’affaires, sans compter les revenus publicitaires provenant de la recherche et de YouTube.









