Peut-on envisager un avenir pour Chrome sans Google ? Si les autorités antitrust américaines réussissent dans leurs démarches, nous pourrions avoir une réponse dans les mois à venir.
Déjà reconnu coupable de pratiques anticoncurrentielles sur son propre sol, Google pourrait bientôt faire face à des conséquences redoutables. Selon des sources du ministère de la Justice américain citées par Bloomberg, le géant de la recherche pourrait être contraint de se séparer de Chrome.
L’idée d’un démantèlement des activités de Google, mentionnée récemment, semble gagner du terrain au sein du système judiciaire américain.
D’après Bloomberg, l’enquête se concentrerait d’abord sur Chrome, car la détention du navigateur web le plus utilisé au monde conférerait à Google un avantage déloyal dans le secteur de la publicité en ligne.
En d’autres termes, Chrome pourrait continuer d’exister, mais pas sous l’appellation « Google Chrome ».
Quels sont les reproches faits à Chrome et à Google ?
Le ministère de la Justice avance que le suivi des utilisateurs permis par Chrome contribue à enrichir le profil numérique de chaque internaute, permettant ainsi à Google de diffuser des publicités encore plus ciblées, consolidant ainsi sa position dominante sur le marché de la publicité en ligne.
La manière dont Google utilise Chrome pour promouvoir son Chatbot Gemini (qui pourrait devenir un assistant polyvalent) est également critiquée par les autorités.
De plus, Google pourrait être contraint de partager les résultats de recherche de son moteur avec d’autres entreprises afin de rétablir un équilibre sur le marché et de fournir davantage d’options aux éditeurs de sites web pour échapper à la surveillance de son intelligence artificielle.
Android, en revanche, semble échapper aux mesures envisagées, et il ne semble pas que les remèdes au monopole de Google incluent la nécessité pour la société de se défaire de son système d’exploitation mobile.
Elle devrait simplement cesser d’imposer ses services (tels que son moteur de recherche et son Play Store) sur des milliards de smartphones à travers le monde. Notons que Google envisage une fusion entre Android et Chrome OS.
La réponse attendue en 2025
Face à ces propositions potentiellement radicales, Google soutient que de telles mesures « nuiraient aux consommateurs, aux développeurs et à la position de leader technologique des États-Unis, surtout en ce moment critique. »
L’entreprise va jusqu’à affirmer que le ministère de la Justice « continue de défendre un projet radical qui dépasse largement les enjeux juridiques soulevés par cette affaire. »
Si cette affaire devait aboutir à un démantèlement formel, l’avenir de Chrome pourrait se retrouver entre les mains d’autres géants du web, bien que beaucoup d’entre eux soient déjà sous la surveillance du même ministère pour des questions similaires d’abus de position dominante.
La décision finale sur les mesures à prendre contre Google est attendue pour août prochain, avec un point d’étape prévu en avril 2025.









